Powered by Cabanova
Svensk
<
<
English version
<
SANG L’autre jour, le sang coula. Des litres de liquide rouge et visqueux se répandirent hors des corps égorgés. Des gestes précis, des couteaux sérrés dans les mains. Des femmes, des enfants, des hommes, en silence, regardent et respirent le sang qui s’écoule de la gorge tranchée. L’animal se vide, ses cris s’estompent, le corps se détend pour n’être plus qu’une masse inerte. Autour de lui, l’activité reprend, fébrile. Ne pas traîner, chacun sa tache. L’eau le feu, dehors il fait froid, il doit faire froid. L’odeur du poil brûlé se mêle à celle de l’étable, l’eau gèle les mains qui finissent de gratter la couenne. Dans quelques instants, l’animal livrera ses entrailles encore chaudes et quelques heures plus tard sa carcasse partagée, découpée, ficelée, salée, hachée, pesée garnira les tables de la maison. Se nourrir ou célébrer, en Ardèche, à Limans, à Fez ou à Lima, au Mali ou à Delhi, à chaque occasion possible, un coup net sacrifie la bête que l’on respecte. Celle dont le sang macule tôt ou tard les mains qui l’ont parfois aidée à naître, souvent soignée, ou caréssée. Tuer sans joie et sans fierté, tuer parce que c’est cela qui nous rattache à la vie, se souvenir toujours que ce repas goûteux et parfumé fût il y a peu, cris, sang et boue. Se nourrir et connaître le rapport de la vie et de la mort, le sang de l’animal à aussi permis l’humanité des hommes. C’est peut-être cette humanité là, que les barbares de la modernité tentent inéxorablement de détruire. Denis Brutsaert
- Accueil
- Michel Muraour
- Angelica Julner
  - un lieue 2010
  - assemblages
  - ceramiques
  - noir et blanc
  - Joséphine
  - Tripettes sang
    - assiette
    - sang
    - blood
    - BLOD
  - c.v. contact 2